<Graphem - le lieu singulier

 

EXPOSITIONS 2017

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A/dornment – commissariat en bijoux contemporains - présente, dans le cadre du Parcours Bijoux 2017, Metaphyscal Landscapes, une exposition de bijoux contemporains et installation sonore à la galerie Graphem.

A/dornment propose à la galerie Graphem un projet inédit qui étend la sphere de l’art contemporain aux limites de l’art porté. Quatre artistes sont invités à dialoguer autour du design qui relève du corps. Florence Croisier, Daria Borovcova et Maria Ignacia Walker Guzman exposent leurs pièces, accompagnées par une intervention sonore d’Enrico Ascoli.
 
Metaphyscal Landscapes croise les esthétiques du bijou avec une expérience en matière de perceptions auditives, tactiles et visuelles.  Cette expérience des sens permet d’étendre les recherches graphiques initiées par les artistes en rendant la visite immédiatement immersive.
 
Enrico Ascoli, designer sonore reconnu pour ses méthodes non conventionnelles, s’est rapproché des trois artistes afin de comprendre leur processus de création, se concentrant sur la réalisation matérielle de leurs pièces, et plus particulièrement leur caractéristique sonore, dont il a tiré des compositions musicales.
 
Ainsi, Enrico Ascoli a travaillé un arrangement de trois harmonies très différentes. Les surfaces sombres et lunaires de Daria Borovcova sont évoquées à travers des sonorités denses, puissantes, lunaires et oniriques parfois suspendues.
Maria Ignacia Walker lui inspire des sons caressants, enveloppants, doux, associés à ses sculptures en porcelaine semi-organiques.
La musique apportée par les créations très fines en titane de Florence Croisier est en revanche pointue, soudaine, ferme et froide.
Le résultat ultime de cette composition unifiée est tantôt éthéré, tantôt brut, un flot de micro-sons ajustés en samples et dérivés directement des bijoux eux-même.
 
La rencontre des différentes matières avec les sons est une action artistique en elle-même, telle une performance symbolique. Au premier abord, l’univers sonore accompagne le visiteur dans sa découverte des objets, avant d’en devenir presque étouffant. Le paysage offre ainsi au spectateur un véritable voyage métaphysique.
 
 Les artistes 
 
Enrico Ascoli, designer sonore et compositeur.
Enrico Ascoli conçoit des installations sonores, des expositions multimedia autours de films documentaires, des films d’animation, des enregistrements in situ, mais également de la publicité et de la recherche cognitive. Il compose de la musique électro-acoustique et monte des installations et des performances autours de la musique expérimentale.
Ses projets récents sont élaborés suivant un procédé d’enregistrement instantané et in situ. Lors de ses dernières performances, il a combiné des objets de la vie de tous les jours avec des procédés de cuisine pour créer des pièces abstraites en lien avec des perspectives socio-culturelles.
Il enseigne également le « design sonore » et la « psychologie musicale » à l’Institut Européen du Design (IED) de Milan et au centre expérimental de cinématographie de Turin.
Il collabore avec les artistes vidéastes tels que David Samson, Rino Tagliafierro, Ra di Martino avec lesquels il a été sélectionné à de nombreux festivals d’animation et de cinéma. Il a également collaboré avec des artistes contemporains sur des projets montrés à la Biennale de Prague, à la foire Art Basel, à la Rijksakademie à Amsterdam, au Royal College of art de Londres, à la Fondazione Bevilacqua la Masa de Venise, et au Musée de Bolzano. Ses installations et performances ont été montrées dans le cadre de plusieurs festivals tels Interférences, MyAtelier, E-ArtQuake, Barsento Mediascape, ou Rural Scape.  En 2013 il a remporté le prix du Design à Milan pour son installation sonore.
 
Daria Borovkova
Née à Moscou, Daria Borovkova a fait ses preuves dans le domaine de la publicité visuelle et du design d’intérieur. Diplômée de Linguistique et de Communication interculturelle, puis par la suite de Design intérieur et de décoration à Londres et à Moscou, Daria obtient en 2016 son Master of Fine Art en bijou contemporain et en ornements corporels à l'Ecole Alchimia de Florence sous la direction de la designer belge Nedda El-Asmar. Les traditions populaires et les héritages culturels sont les principales sources d’inspiration pour ses bijoux. Orientant ses créations vers les aspects socio-culturels, elle s’exprime à travers des matériaux bruts et naturels qu’elle sélectionne avec beaucoup d’attention pour chaque projet. Ses bijoux ont été exposés à la fois en Europe, aux Etats-Unis et au Chili. Elle enseigne actuellement le design de bijoux et travaille à Florence.

Florence Croisier

Diplômée de l’école des Arts Décoratifs de Genève section bijou, Florence Croisier explore les différentes façons de parer le corps dans un esprit sculptural et contemporain. Elle travaille le fil de titane et le met en forme à l’aide de pinces et utilise un poste à souder à l’Argon pour souder chaque élément. Son travail autour du corps et de la maille de métal crée une connexion sensuelle.
Exposée au musée des Arts Décoratifs de Paris, elle était invitée au salon international Joya à Barcelone en 2013, et sélectionnée par l’institut français pour la Nuit Blanche de Kyoto en 2014.
 
Maria Ignacia Walker
Maria Ignacia Walker est une artiste bijoutière contemporaine née au Chili. Elle a travaillé dans le milieu de la publicité en tant que directrice artistique. Elle est actuellement installée à Florence après avoir acquis un Master of Fine Art en bijou contemporain et en ornements corporels de l'Ecole d'Alchimie de bijoux contemporains à Florence. 
Ses créations sont issues de ses recherches sur ses rituels personnels qu'elle traduit en amulettes et en objets conceptuels, concevant la bijouterie comme un art totalement connecté au corps. 

A/dornment est une structure basée à Venise et composée de commissaires qui proposent des projets curatoriaux autour l’art du bijou contemporain. L’équipe est issue du monde du design et de l’art contemporain. Elle a pour intention de diffuser les créations de bijoux contemporains en tant que discipline artistique, en insistant sur la recherche technique, esthétique et philosophique.









On connait la photographie pour ce qu'elle retranscrit la capture d'un instant. Ce medium, qui est aujourd'hui à la portée de tout un chacun grâce aux stmartphones, satisfait le besoin d'immortaliser sa présence, un souvenir, une expérience, un paysage...

Memo Omur travaille depuis dix ans comme photographe pour le monde de l'information, du cinéma et de la publicité. En parallèle, oeuvre toute personnelle, il photographie la rue. Sans y réfléchir, il y cherche la vie mais pas l'intime. Une vie qui s'exprime à chaque instant en un millier de directions instantanément imbriquées, mais dont le photographe, lui, capte son propre point de vue, unique.

En dépit d'une certaine impression d'automatisme dans sa pratique, il prend conscience que les sujets qu'il photographie traduisent une détresse. Il lui apparaît alors plus clairement que cet espace urbain de béton lié au besoin de confort et de modernité est la source même de l'aliénation de l'homme. Sans se soucier du cadrage, du flou, ou de l’architecture, travaillant à l'opposé de sa technique professionnelle, la vérité éclate, comme autant d’autoportraits, de sentiments oscillant entre angoisse et espoir. Comme un miroir intérieur, se lit aussi le récit de l'humanité dans son quotidien et ses désordres ordinaires. En photographiant la vie sans artifices, il reflète la sienne.

L'exposition Man and stone se tient du 14 septembre au 8 octobre 2017 à la galerie Graphem. Elle rassemble les photographies couleur et noir et blanc personnelles que Memo Omur a prises pendant plus de dix ans lors de ses pérégrinations sur trois continents : un besoin d'évasion le menant finalement vers une fuite intérieure.








néon, encre, vidéo, photographies.

Printemps 2017, archipel de Kerkennah, Tunisie.

Au bout de la rade. Les pieds immergés, nous écaillons, apprêtons, rejetons les organes et entrailles des poissons à la mer. Au fond de l’eau brillent, irisés, sortes d’oeufs ou de coquillages, des yeux. Paupières mi-closes en formes de vagues, des yeux de seiches roulent, miroitent. Inversion du regard. Face au danger, la seiche projette son encre. L’aveuglement permet la fuite. Je regarde ses yeux dans mes mains.

Au bout de la rade, je sonde l’horizon. Lampedusa est un mirage. De mon corps ici à cette Italie, une centaine de kilomètres. Apparition. Un adolescent oscille entre deux rives. Son corps zebré de lumières ressemble à la seiche luminescente traversée de rayures rapides lorsqu’elle fonce sur sa proie. Les reflets du soleil sur l’eau dansent sur son corps. Homo sepia est une lune en plein soleil.

Homo sepia serait un enfant de la Mélancolie. À cette figure et humeur antique correspond la bile noire, une matière proche de l’encre que la seiche secrète dans sa «poche du noir». Matière, écriture, dessin. Homo sepia est un être qui sourd. L’encre de seiche se compose de mélanine, le pigment de l’épiderme. Du fort intérieur à la surface de la peau miroitent d’infinies projections. Les camouflages de la seiche sont cinématographiques.

A l’inverse de Vénus naissant des flots, Homo sepia s’immerge, les yeux fermés, face à moi.

Sabine Zaalene.









































H2O
Dévoilement de l'intimité cellulaire d'une goutte d'eau

exposition personnelle d'Iglika Christova
du 5 au 28 janvier 2017