<Graphem - le lieu singulier

La galerie Graphem fermera definitivement ses portes le 28 juillet 2018.

 

EXPOSITIONS EN COURS

En cours      2018      2017      2016      2015      2014
Dé-marche
Sonia Fleischmann

Commissaire 
Marie Gayet

12 - 28 juillet 2018

Vernissage
jeudi 12 juillet 18h-22h

Communiqué de presse


Dé-marche, démarche, hors d’état de marche, l’exposition personnelle de Sonia Fleischmann à la Galerie Graphem présente un ensemble d’oeuvres qui tissent autour de la « marche » et de ses différentes acceptions, avec comme toile de fond la rue.

Pour la série SPO, Société Protectrice des Objets, les objets abandonnés pour déchet qu’elle récupère dans la rue l’intéressent avant tout par le fait que ces objets soient défectueux, hors d’état de marche. Dans la série W a l k e r s , l’artiste a croqué des passants dans la rue, mais sans tête. Dans les deux cas, c’est cet état de manque qui rend encore plus visible ce qui est donné à voir : « pur objet- forme » pour les objets abandonnés et dénués de leur fonction initiale, fragment d’une démarche dans laquelle on perçoit pourtant une identité pour les passants sans tête.

Souvent basé sur un protocole précis, le travail de Sonia Fleischmann procède par étapes, avance pas à pas, selon des actions prédéfinies. Il est aussi une mesure du temps et questionne notre rapport à la représentation. Plusieurs questions sous-tendent l’installation de SPO : Quel est le statut d’un objet ordinaire, non décoratif, une fois déchu de sa fonction première ? Devient-il une pure forme ? D’une manière plus large, elle nous amène à nous pencher sur la relation que nous entretenons avec les objets présents dans notre quotidien. Quelle valeur symbolique leur accordons-nous ? Les regardons-nous tous de la même manière ? A fortiori quand ils deviennent matériau d’une production artistique ?

On pourra découvrir cet ensemble d’œuvres à travers la grande baie vitrée de la galerie, où la rue semble avoir glissé à l’intérieur. Présences parfaitement immobiles, les objets repeints en blanc invitent à porter le regard sur eux, tandis que dans les dessins Walkers, les passants, parfois solitaires, parfois en groupe, traversent l’espace à leur rythme et au gré de quelques ponctuations de couleurs. Pour les uns comme pour les autres, l’idée d’une rencontre possible est à imaginer. La rue est une scène quotidienne de passage, de présences, de rencontres et d’histoires visibles et invisibles.

Marie Gayet, mai 2018.