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EXPOSITIONS EN COURS

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Sentimental procedures

Craig Stewart

3 - 27 mai 2018

Vernissage jeudi
3 mai 18h - 22h





Craig Stewart est né en 1980 au Royaume-Uni. Il a fait partie de la Islington Mill Art Academy créée en 2006 à Salford près de Manchester, une école montée et gérée par des artistes, et proposant une alternative aux écoles d’art classiques. Actuellement, il vit et travaille à Berlin.

Craig Stewart trace des traits. De petites lignes fines tel un outil que l’on pourrait croire versatile. Dans son dessin transparait à la fois une pratique du geste et un certain goût de mystère. De cet incessant travail de tracé émane une structure dense et délicate construite avec une patiente infinie. Par la répétition de ce motif de trait, il construit un paysage dont la réalité est habitée par le détail, un territoire dans lequel le mouvement léger du dessin fait apparaître des formes fondues. Ce procédé méthodique nous invite à la contemplation, tout comme à une prise de conscience du labeur de l’artiste. L’ouvrage est long. Pour ses grands dessins de 100 x 70 cm, la construction peut prendre plusieurs mois, car il lui faut sans cesse passer du point de détail à la vision globale de son œuvre.

Le temps est une notion essentielle dans le dessin de Craig Stewart. En allant à l’encontre de la frénésie habituelle de notre quotidien urbain, l’artiste recherche l’ennui dans ce qu’il génère un espace de questionnement intérieur et, pour finir, une liberté. Son travail minutieux et répétitif lui permet d’exprimer ses pensées, ses souvenirs.

Pour la série des Containers, neuf dessins de 100 x 70 cm sont à venir. Les deux premiers sont exposés dans l’exposition Sentimental procedures. Deux niveaux de lecture sont à l’œuvre dans cette série : la forme externe et l’image interne, un paysage léger recomposé à l’aide de petits traits, comme des pixels. Pour cette série, le désir de l’artiste est de réunir des moments passés, des endroits qui lui sont chers. Il est question ici pour le visiteur de projeter ses propres souvenirs et pensées grâce à l’expérience d’un dessin partagé et protéiforme.

Dans la série Hours, il s’astreint, pendant soixante minutes précises sans pause ni interruption, à tracer des lignes de petits traits sur des cartes postales anciennes. Il y a 24 dessins, échos des 24 heures d’une journée. Dans cette série, Craig Stewart transpose la routine du quotidien comme on écrirait une liste de courses, un numéro de téléphone. Les noter ainsi est une manière d’externaliser sa mémoire, mais à l’aide d’informations non représentatives. Chaque Hours Drawings est un enregistrement réel d’une heure de sa vie. Sorti de son contexte de création, celui ou celle qui regarde l’œuvre peut, encore une fois, y placer sa propre histoire. S’approprier ce stockage d’informations abstraites créé ainsi une chaîne de communication entre l’artiste et le spectateur. En reportant la trace du temps dans une pratique solitaire, son geste humble devient comme une cérémonie de l’intime qu’il souhaite partager.